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Compte-rendus et recensions de Parlement(s)
   
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évocation de la revue dans
Philippe Poirrier, Introduction à l'historiographie, Paris, Editions Belin, 2009, pp. 96-97.
présentation du livre sur le site de l'éditeur
   
2009 Les Juristes et la loi n°11
sur le site nonfiction et dans la RFSP et présentation dans la "Fabrique de l'histoire"
2008 La Guerre des mots. 14-18 dans les Parlements européens n°10
sur le site des Clionautes sur Profession politique et dans Vingtième siècle. Revue d'histoire
Second Empire hors-série 4
sur le site des Clionautes et sur Professionpolitique.info
Mai 68 en débats n°9
dans L'Ours, sur Professionpolitique.fr et sur le site des Clionautes
2007
 
 
Penser et construire l'Europe hors-série 3
dans L'Ours et dans le Bleu de Profession politique
Jeunes en politique n°8
dans le Bleu de Profession politique
Les Politiques au pied du mur (Varia) n°7
2006 Socialistes au Parlement n°6
dans Vingtième siècle. Revue d'histoire et sur Dissidences.net
Monde rural et politique en Europe (XIXe - XXe siècles) n°5
2005 Quarante ans de présidentielles (1965-2005) n°4
Politique en Aquitaine, des Girondins à nos jours hors-série 2
Varia + dossier laïcité
n°3
2004

  
Les Urnes de l'oncle Sam n°2
Changer de République ? 1962-2004 hors-série 1
L'Europe, l'Europe !
n°1

 2003 Faut-il tourner le dos à la politique ? n°0 haut de page

Les Juristes et la loi
présentation dans "la Fabrique de l'histoire" sur France Culture, le 15 mai 2009
(à partir de la 50e mn)
   
"Les juristes font-ils la loi ?", nonfiction, 13 mai 2009.
On a trop reproché à l’histoire politique son odeur de renfermé pour ne pas se réjouir quand des initiatives scientifiques y apportent un peu d’air frais venu d’autres disciplines. La revue Parlement(s), dont le Comité d’histoire parlementaire et politique, a publié seize numéros depuis avril 2003, s’efforce ainsi de faire une large place aux questionnements des juristes et des politistes. Cette ambition se retrouve dans son dernier numéro sur « Les juristes et la loi », dont la plupart des textes correspondent aux communications présentées lors d’un colloque au Sénat en mai 2006. La lecture en fournit un panorama éclaté des recherches contemporaines sur la fabrique de la loi en France.
Une première démarche relève à la fois du sociologique et de la science politique, qui s’interroge sur l’impact des itinéraires d’élus sur le débat parlementaire et la production législative. Une assemblée de notables propriétaires ne travaille certes pas selon les mêmes canons qu’une Chambre de professeurs et d’avocats… Sans atteindre à cette épure –qui tient de la caricature-, la composition du Parlement peut traduire des évolutions très profondes sur le fonctionnement d’une démocratie. L’augmentation du nombre de hauts fonctionnaires sur les bancs de l’Assemblée nationale à partir de 1958 s’offre par exemple comme un symptôme de cette démocratie de la compétence dont nombre d’écrits prédisaient l’avènement dès les années 1930 aux dépens de la fonction de représentation, sans suffire à en faire pourtant la démonstration. Que n’a-t-on pas écrit, dans un autre ordre d’idées, sur la surreprésentation des hommes de loi dans les Chambres françaises, dès les temps glorieux de la Constituante[1] C'est ce lieu commun qu'interroge notamment Yann-Arzel Durelle-Marc dans son article consacré à Jean-Denis Lanjuinais (1753-1827) [2]. En quoi ce professeur de droit canon de l’université de Rennes, puis de droit civil à l’Ecole centrale de cette même ville, se comporte-t-il en expert de la loi dans les différentes Assemblées auxquelles il participe à partir de 1789 ? La réponse est moins banale qu’il y paraît. Chez Lanjuinais s’affrontent en effet le révolutionnaire attaché à la loi comme expression de la souveraineté nationale et le juriste pour qui le respect des règles de droit forme principe. Son expérience l’amène à voir dans la légalité « une mesure de la moralité » (p. 17). On est loin de la loi absolue que purent rêver un Robespierre ou un Saint-Just : aussi n’existait-il pas qu’une façon de réagir en juriste dans la tourmente révolutionnaire !
Le cas de Léon Blum, auditeur puis maître des requêtes au Conseil d’Etat de décembre 1895 aux élections législatives de 1919, infirme à nouveau les présupposés d’une approche strictement sociologique du personnel parlementaire. Vincent Le Grand montre en effet que l’élu socialiste ne cherche pas vraiment à s’imposer par sa compétence technique au Palais-Bourbon. Blum estime plus volontiers la compétence politique, cette capacité à s’initier rapidement aux sujets les plus divers et à en percevoir les enjeux. La faculté en question n’exige ni diplôme ni expérience particulière. Aussi n’estime-t-il pas souhaitable que le Parlement sollicite trop volontiers des experts de l’écriture de la loi, comme les membres du Conseil d’Etat. Léon Blum souhaite au contraire que des hommes à la compétence politique reconnue siègent au sein d’une Commission de rédaction des lois formée uniquement de parlementaires. Ce haut fonctionnaire cultive donc une lecture politique du rôle de la loi et de sa fabrication. A l’Assemblée nationale, Léon Blum se souvient moins de sa qualité d’expert –sauf quand il s’exprime sur le réseau des chemins de fer, comme lors des séances des 30 décembre 1919 et 26 janvier 1928- que de son rôle passé de commissaire du Gouvernement auprès de la section du contentieux du Conseil d’Etat entre 1910 et 1918. Son éloquence ne répond ni aux règles de cet art oratoire parfois grandiloquent auquel un René Viviani ou un Edouard Herriot sacrifient[3], ni à la technicité volontiers brutale et arrogante d’un André Tardieu ou d’un Paul Reynaud dans les années 1930. Comme le Commissaire du Gouvernement qu’il fut, il cherche au Parlement à convaincre par sa connaissance précise des sujets abordés. Elle lui autorise une grande spontanéité dans la forme, loin du lyrisme que la postérité a parfois retenu de lui. ? N’entre-t-il pas cependant une part de naïveté dans cette idée que les parlementaires utilisent ou développent, dans leur activité législative, des savoir-faire professionnels ? C’est ce lieu commun qu’interroge notamment Yann-Arzel Durelle-Marc dans son article consacré à Jean-Denis Lanjuinais (1753-1827).

Une autre approche consiste à considérer les réactions des professions juridiques face à la loi des politiques. Guillaume Sacriste en donne une illustration dans un article passionnant. Il y montre que le monopole de la fabrication de la loi par le législatif n’était défendu que par des juristes parisiens avant la Première Guerre mondiale. La doctrine constitutionnelle demeurait alors très clivée, entre la production d’enseignants parisiens très liés au pouvoir républicain et celle d’universitaires provinciaux soucieux de distinction au sein de leur champ disciplinaire. La possibilité pour le Gouvernement ou le chef de l’Etat de prendre des règlements d’administration publique (RAP) à portée législative était ainsi défendue par les seconds, mais condamnée par les premiers. Aux confins de l’histoire du droit, de l’histoire de l’enseignement et de l’histoire politique, Guillaume Sacriste interprète en outre la création d’enseignements de droit constitutionnel dans les facultés de droit après 1879 comme le produit d’une volonté principalement politique. Il convenait en effet d’apprendre les institutions nouvelles aux étudiants, alors que des soubresauts comme l’affaire des décorations, la crise boulangiste ou le scandale de Panama continuaient d’en menacer la pérennité. Un texte sur la mobilisation des professionnels de la justice contre la loi Perben-II et l’influence du droit européen sur l’ordre juridique français apportent un contrepoint contemporain sur cette question du rapport des juristes à la loi.
Les juristes, s’ils ne siègent pas toujours au Parlement ni ne protestent contre les décisions du législateur, peuvent choisir de participer à l’écriture de la loi. Ils interviennent alors en tant qu’experts pour donner forme aux intentions des politiques ou leur prêter la main. Jean Carbonnier exerça par exemple une forme de magistère au ministère de la Justice entre 1963 et le mitan des années 1970 en matière de droit civil. L’écriture de neuf lois majeures lui permit d’y affirmer un modus operandi qui vaudrait comme un symbole de la République gaullo-pompidolienne. Le professeur de droit appuyait ses analyses sur des études d’opinion ou des sondages qui donnaient une légitimité aux options retenues. Le « moment Carbonnier » se présente en outre comme un cas d’école pour une analyse des réseaux de pouvoir : l’ « art de la réforme » pratiqué à partir de 1963 devait beaucoup à un petit milieu de professeurs de droit favorables au pouvoir gaulliste. De 1961 à 1967, Jean Foyer, ancien collaborateur de René Capitant et ancien collègue à Poitiers de Jean Carbonnier, occupa en effet la place Vendôme, tandis que René Capitant, lui aussi professeur de droit, présidait la Commission des lois de l’Assemblée nationale. Les deux points politiques de ce triangle institutionnel échangèrent leurs rôles en 1968-1969, quand René Capitant s’installa au ministère de la Justice et Jean Foyer à la tête de la Commission des lois du Palais-Bourbon : il s’y maintint jusqu’en 1981. Comme Jean Carbonnier réfléchissait au droit civil de l’avenir, il disposait d’un environnement politique très stable. D’autres professeurs de droit affichaient alors leur proximité avec le gaullisme, comme le spécialiste de droit administratif Marcel Waline[4], ou le constitutionnaliste Marcel Prélot[5]. Ainsi que l’écrit Antoine Vauchez, le « moment Carbonnier » prit probablement fin avec l’arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing. L’élection de 1974 amena une première « alternance » dont les effets se firent sentir sur les « grands commis » de l’Etat comme sur les « conseillers » du pouvoir gaulliste.
Les professionnels du droit se trouvent aujourd’hui dans une situation paradoxale à l’égard de la loi. Présents dans les hémicycles, associés à son écriture par l’intermédiaire du Conseil d’Etat ou de membres de cabinets ministériels souvent diplômés en droit, ils ressentent fréquemment la « passion légiférante » comme une forme d’agression ou de dévoiement de la loi. Le discours sur l’inflation normative n’est ainsi pas exempt d’ambiguïtés. Lancé par le rapport public du Conseil d’Etat en 1991, il a vite contaminé les argumentaires de campagnes électorales, notamment en 1995 et 2002. Rachel Vanneuville propose de replacer ce discours au cœur de la concurrence que se livrent les institutions qui écrivent la loi sous la Vème République. La défense de la sécurité juridique et de la qualité de la loi vaudrait comme étendard des juristes contre la logique « pragmatique, sectorielle et contingente » (p. 88) des hommes politiques lorsqu’ils écrivent la loi. Elle permettrait également aux juges de renforcer leur « pouvoir socio-politique » et de légitimer leur intervention dans l’écriture de la loi au détriment du Parlement.
Trois articles consacrés respectivement au jurisconsulte Paul Jozon, à Léon Bourgeois et au solidarisme comme doctrine juridico-politique complètent ce beau numéro de la revue Parlement(s). C’est au prix de tels échanges entre historiens, juristes et politistes que pourrait être écrite cette histoire de l’Etat et de son administration qui manque cruellement à notre temps[6].

David Valence


[1] On comptait 23% d’avocats, 49% de membres des professions libérales et de titulaires de charges publiques et 14% d’hommes d’affaires parmi les représentants du Tiers Etat en mai 1789. Voir l’article « Assemblée nationale Constituante » de Marcel Dorigny dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 46-48.

[2] Voir également sa notice biographique par Marcel Dorigny dans Albert Soboul (dir.), op. cit., p. 641-642.

[3] Voir notamment le discours prononcé par René Viviani, alors ministre du Travail, à la Chambre des députés le 8 novembre 1906 dans Jean Garrigues (dir.), Les grands discours parlementaires de la Troisième République. De Victor Hugo à Clemenceau 1870-1914, Paris, Armand Colin, p. 169-174.

[4] Membre du RPF sous la IVème République, cet universitaire siégea au Conseil constitutionnel entre 1962 et 1971.

[5] Qui siégea au groupe UNR, puis UDR du Sénat jusqu’au référendum de 1969, où il se prononça pour le « non ».

[6] En 1990, l’historien Pierre Rosanvallon pouvait ainsi regretter que l’État demeure « une sorte de non-objet historique » en France. L’État en France de 1789 à nos jours, Paris, Seuil, coll. « Points », 1990, p. 9.

   
"Informations bibliographiques" de la Revue française de science politique,
vol. 59, n°5, octobre 2009, p. 1061.

Coordonné par Marc Millet qui a su réunir une belle équipe de juristes et d’historiens du droit, ce numéro est exceptionnel dans la mesure où il est la publication d’un colloque tenu au Sénat en 2006, sans que les sénateurs soient venus plaider le bicamérisme... Ouvert par deux articles biographiques (Lanjuinais et Léon Blum), il illustre la continuité et la plasticité du droit : ainsi un professeur de droit canon de Rennes nommé en 1775 est-il élu aux Assemblées de 1789 et de l’an III, puis nommé à l’Institut, où son magistère dure jusqu’en 1827. Tandis qu’un conseiller d’État familier de la procédure écrite du Conseil d’État de 1900 proposera, sans grand succès, de lui faire traverser la Seine ! Plus contemporaines, les autres contributions interrogent le « moment » Carbonnier, où un professeur de droit civil s’est imposé aux parlementaires grâce à l’appui d’un ministre relayé par le président de la Commission des lois ; la mobilisation spectaculaire mais brève – en raison d’intérêts divergents – des professions juridiques contre la loi Perben II ; l’influence du juge communautaire sur la loi nationale (pour ouvrir les professions de la santé) ; ou les enjeux politico-juridiques du discours sur « l’inflation normative », par lequel Conseil d’État et Conseil constitutionnel se donnent la main dans une entreprise d’encadrement du travail législatif. Autant de coups de sonde pour illustrer la pluralité des auteurs de la loi, résultat de l’élaboration, de la rédaction ou de l’interprétation de juristes aux langages, intérêts et pratiques fort différents.


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La Guerre des mots. 14-18 dans les Parlements européens
"Vingtième siècle signale", Vingtième siècle. Revue d'histoire, n°102, 2009, p. 205.
La guerre des mots
Dans sa dernière livraison, la revue Parlement(s) consacre un important dossier à « La guerre des mots. 14-18 dans les Parlements européens » dirigé et introduit par une spécialiste du parlementarisme de guerre, Fabienne Bock. Des sept contributions émerge un original tableau des mécanismes du parlementarisme, de ses représentations et des grandes thématiques de la délibération en temps de crise. Nicolas Roussellier insiste sur le contraste entre l’effective vigueur du parlementarisme français au temps de la Grande Guerre et l’image négative qui en a été diffusée. Charles Ridel fait porter son analyse sur le « Parlement des embusqués » et traite tant des élus embusqués que des débats sur les « planqués ». Alexandre Niess analyse la représentation à la Chambre et au gouvernement des régions libérées et des mesures prises entre 1916 et 1925. Associé à Vahakn Dadrian, il montre comment l’idée du génocide arménien s’impose, entre 1908 et 1916, parmi les représentants turcs. Carlotta Latini souligne que, malgré la mauvaise volonté de l’exécutif italien à convoquer le législatif, ce dernier joua un rôle de contrôle et de laboratoire institutionnel et juridique. Torsten Oppelland analyse comment le Parlement allemand tente de « parlementariser », à la faveur de la guerre, la constitution du Reich. Croisant statistiques et prosopographie, Nicolas Patin s’interroge sur l’expérience de guerre des députés du Parlement allemand durant l’entre-deux-guerres.
retrouvez le compte-rendu de Bruno Modica sur le site des Clionautes
http://www.clionautes.org/spip.php?article2222
   
"Lu pour vous", professionpolitique.info
http://www.professionpolitique.info
C’est au coeur du Parlement français, en particulier de la Chambre des députés que nous replongent essentiellement Nicolas Rousselier et Charles Ridel dans le dernier numéro de la revue Parlement[s] consacrée à “14-18 dans les parlements européens”.
Le premier auteur décrit et analyse avec finesse les atermoiements des représentants de la Nation face à la guerre et comment ceux-ci tentent d’inventer un nouveau régime parlementaire. En retrait lors des premiers mois du conflit, la Chambre tente de reprendre la main et ses droits par un arsenal de contrôles plus ou moins efficaces, tels que les comités secrets. Malgré un travail honorable et réel, les députés ne parviennent pas à se défaire d’une image amoindrie sinon ternie. Conséquence de la montée de l’antiparlementarisme, ce déficit se double d’une suspicion “d’embusquage” souligne pour sa part Charles Ridel. Les députés et sénateurs seraient-ils tous des planqués ? Sur 302 parlementaires mobilisables (291 députés et 11 sénateurs), seuls 36 “préfèrent le devoir des armes”. Mais où étaient-ils le plus utile ? Au front ou à la Chambre ?
A travers l’exemple de Maurice Barrès, Charles Ridel souligne la complexité des situations. Député débusqueur, Barrès n’a-t-il pas aidé un père de famille à garder près de lui son dernier fils, les quatre autres mobilisés ayant été tués au front ? Ces deux articles majeurs sont complétés par d’autres productions d’aussi bonne facture parmi lesquels il faut souligner la biographie de Paul Painlevé (1863-1933), trois fois président du Conseil, savant et politique, panthéonisé dès sa mort et celle de Pierre Biétry (1872-1918), député créateur du Mouvement jaune. Vif opposant à Clemenceau et Jaurès, il tenta en vain de réconcilier patrons et ouvriers en les faisant coopérer. Un précurseur incompris ?
Christophe Soulard-Coutand
   

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Second Empire
retrouvez le compte-rendu de Bruno Modica sur le site des Clionautes
http://www.clionautes.org/spip.php?article2171
   
"Lu pour vous", professionpolitique.info (28/11/08)
http://www.professionpolitique.info/pdf/lu_pour_vous/2008_11_28_Lu_pour_vous_Parlement.pdf
À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Louis-Napoléon Bonaparte, la revue d'histoire politique, Parlement[s], consacre son hors-série n°4 à une période autant oubliée que décriée et dénigrée : le Second Empire, né du coup d'Etat fomenté, en 1851, par le président de la République en exercice ! Plusieurs articles de l'ouvrage attirent l’attention. 
Tout d'abord celui de Bernard Gaudillère qui revient sur la publicité des débats parlementaires, véritable baromètre de la démocratie représentative. Il rappelle que le dispositif était tellement draconien au Corps législatif, que les tribunes étaient presque vides. Pis, les comptes-rendus des débats ont été la plupart du temps vidés de toutes formules d'opposition. Cette chape de plomb survit, jusqu’en 1861 et plus en 1869, où une timide réforme permet d'entrevoir un début de “démocratisation” du régime. (Au Sénat, les séances restèrent secrètes jusqu'en 1869).
Ensuite, Xavier Mauduit rappelle combien le faste qui a entouré Napoléon III a permis de réinventer la tradition de l’Ancien régime. Près de 150 millions de francs sont dépensés chaque année pour l'Empereur dont 80 millions pour sa seule Maison civile, car il faut bien “mettre en scène le régime, forger le faste et produire la légitimité”, analyse-t-il. Plus loin Laurence Grégoire s'intéresse à la franc-maçonnerie, lieu majeur des enjeux et du débat politique et Olivier Tort examine les stratégies d'alliance des légitimistes qui, à force d'alliances bancales et de nombreuses tergiversations, auront perdu l’occasion de revenir au pouvoir, une fois le Second Empire consommé. Enfin, Thierry Truel rappelle combien la jeune III
e République a craint et combattu le spectre d'un coup d’État bonapartiste, entre 1871 et 1877.

Christophe Soulard-Coutand

   

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Mai 68 en débats
"1968-2008 : relectures de Mai 68", L'Ours, n°378, 2008, p. 4.
http://www.lours.org/default.asp?pid=601

Ce n’est pas un scoop : les événements de mai 68 ont largement été subis par des partis traditionnels déboussolés, à gauche aussi où le contact avec la jeunesse s’est distendu dans les années 60, et confrontés à des manifestants qui ne veulent pas entendre parler d’eux. Mais pendant ce temps-là, le Parlement continue ses travaux, et prépare l’après-crise…

Coordonné par François Audigier, qui introduit le dossier et traite du groupe gaulliste (« quand les godillots doutent »), ce numéro de Parlement[s] permet de comprendre comment le monde politique tente de surnager et reprend la main. Il rappelle que c’est du Palais-Bourbon qu’est venu le sursaut gaulliste aboutissant à la grande manifestation de soutien au pouvoir le 30 mai. David Valence montre qu’au Sénat, les « élus du seigle et la châtaigne », majoritairement hostiles aux gaullistes, « n’ont pas vraiment avancé de solutions “originales” à la crise de l’Université en mai 68, mais ils ont développé une analyse très “politique” du conflit : la pratique du pouvoir personnel, en ignorant les Chambres, aurait conduit les mécontents dans la rue ». Ils auront leur « revanche » un an plus tard.
Les articles de Frédéric Fogacci sur le parti radical et la FGDS, de Mathias Bernard sur les Républicains indépendants, de Jean Vigreux et Emmanuel Ranc qui étudient la direction et les députés du PCF à l’épreuve de Mai-Juin 68, et de Jean El Gammal, consacré à l’extrême gauche et l’Assemblée nationale, sont aussi très stimulants et situent les acteurs dans cette crise.

LES SOCIALISTES EN MAI 68

André Chandernagor notait à propos de la SFIO et de la FGDS : « À aucun moment nous n’avons eu prise sur l’événement ». De plus, constate Gilles Morin, il y a un abime culturelle entre les idées libertaires de la rue et celles de la gauche traditionelle. S’intéressant à la FGDS, il rappelle comment, du 8 au 13 mai, jour de grève générale, elle bataille pour l’amnistie des étudiants emprisonnés. Dans un deuxième temps, du 14 au 22 mai, après cette irruption massive du peuple de gauche, ses élus recherchent une alternance au Parlement, réclamant sa dissolution. Mais, du 24 au 30 mai, un divorce s’installe entre la FGDS et son groupe : le 28 mai, l’initiative de François Mitterrand, annonçant qu’en cas d’échec au référendum annoncé par de Gaulle le 24, il sera candidat à la présidence de la République et sa proposition, dans cette hypothèse, d’un gouvernement provisoire « sans exclusive », « à partir de l’union de la gauche », inquiète une base « légaliste ». La dissolution de l’Assemblée par de Gaulle précipite la crise à gauche que les résultats des élections amplifient. Si crise et retard il y a, la FGDS a aussi préparé la future union de la gauche, et incité les socialistes à observer de près les mouvements de la société.
Signalons la publication en « sources » du débat à l’Assemblée du 22 mai 1968 entre Mitterrand et Pompidou présenté par Jean Garrigues.
François Lavergne

   
professionpolitique.info
http://www.professionpolitique.info/article/05-06-08/parlements-mai-68-en-debats-0

La revue Parlement(s) n'a pas échappé à la mode de Mai 68. Ses auteurs reviennent sur un épisode inédit de ce mois troublé : les événements vus de l'intérieur du Palais-Bourbon et du Palais Bourbon. Inédit.

Les lecteurs sont saturés de Mai 68, au point d’en atteindre au moins l’overdose sinon un point de non retour. Mai 68 vu par les étudiants, par les journalistes, les photographes, les agriculteurs, les ministres, les fonctionnaires, les syndicalistes…Et pourtant, dans ce flot de témoignages loin d’être inintéressants, il s’en démarque un, pour le moins original : celui des parlementaires. Comment députés et sénateurs ont-ils vécus ce printemps effervescent ? Le décalage décelé entre les « élites » parlementaires et l’opinion, la rue était-il réel ? Oui répond sans ambages François Audigier qui rappelle le surprenant ordre du jour de l’Assemblée nationale de ce moi de troubles : recherche scientifique, engagement dans l’armée, exploitations du plateau continental océanique, extension du statut du fermier et métayer…Cependant, les auteurs de ce captivant ouvrage appellent à la prudence. Tout n’était pas noir ou blanc. Les « Godillots » du Général De Gaulle ont douté et se sont même divisés. Les gaullistes de gauche s’écharpent sur le soutien ou non au général et au mouvement.
Tiraillé, le groupe des Républicains indépendants (RI) l’est tout autant, entre l’ordre et le dialogue, souligne plus loin Mathias Bernard quand Frédéric Foggaci tente de briser la mythique « surprise » sinon l’apathie des partis de la gauche non communiste face à l’événement. Après Gilles Morin qui analyse les raisons de la mise hors-jeu de la FGDS de François Mitterrand, Jean Vigreux et Emmanuel Ranc, s’intéressent à l’attitude des députés PCF et Daniel Valence dissèque avec beaucoup de finesse l’attitude du Sénat au cœur du Quartier latin : « une île battue par le vent de la contestation ». Et « La crise de mai servit d’exutoire à bien des ambitions et sentiments refoulés »
Ces deux jolies formules résument bien toute la complexité des rapports que les deux chambres ont pu ressentir et nourrir à l’égard de mai 68. En guise de bouquet final n’omettez pas de relire (avec délectation) la passe d’armes, le 22 mai au Palais-Bourbon, entre Mitterrand et Pompidou…

C.S-C.

   
retrouvez le compte-rendu de Bruno Modica sur le site des Clionautes
 http://www.clionautes.org/spip.php?article2057
 

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Jeunes en politique
"Le livre de la semaine", newsletter du Bleu de Profession Politique, mars 2008, n°319.
"La dernière cuvée de Parlement[s] oriente ses réflexions et analyses sur les jeunes en politique. Cette revue “quadrimestrielle” d'histoire politique a fait appel aux talents de jeunes chercheurs pour éclairer le fait politique sous l'angle de la fraîcheur juvénile, de la révolte, de la spontanéité mais également du conformisme. Olivier Tort, pensionnaire de la fondation Thiers, a travaillé sur la minorité des jeunes de droite sous la Restauration (1814-1830) avec comme fait d'armes assez retentissant la mobilisation des 1 200 “volontaires royaux de l'Ecole de droit”… Déjà médiatique, intellectuelle et artistique, cette jeunesse a, selon l'auteur, joué un rôle politique, non pas déterminant mais “décisif”. Un deuxième article, signé Marie Aynié, doctorante à Toulouse-Mirail, appuie son propos sur Zola et la jeunesse dreyfusarde. Quels furent les liens de cette jeunesse avec le rédacteur du célèbre “J'accuse” qui se demandait “Où allez-vous jeunes gens” ? Comment ce dernier les estimait-il ? Selon l'auteur, la récurrence du qualificatif 'jeune' dans la proximité de l'affaire est "un signe du retentissement de l'appel de Zola. Un autre article de fort bonne facture réalisé par Ludivine Bantigny de l'université de Rouen, analyse le phénomène jeune et la guerre d'Algérie : désaffection politique ou déplacement de l'intérêt. La jeune maître de conférences démêle un écheveau bien compliqué où le temps de l'observation cède bientôt le pas à celui de la militance puis de la violence… Les plus actifs le furent sans doute en partie parce qu'ils étaient jeunes, avancent-elle. Après un examen assez exhaustif des jeunes générations de la SFIO dans les années 60, par Fabien Conord, François Audigier revient sur l'élection présidentielle de 1974 en se demandant si les jeunes gaullistes de l'UJP n'auraient pas été finalement victimes de la realpolitik. Cette enquête fouillée et documentée constitue une bonne approche pour se plonger dans les deux interviews réalisées par la revue : celle de Clémentine Autain adjointe PCF au maire de Paris et celle de l'ancien ministre, François Baroin."
Christophe Soulard
   

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Penser et construire l'Europe
"En revue", L'Ours, n°376, 2008, p. 5.
"Ce hors série de Parlement[s], publiée par le comité d’histoire parlementaire et politique (CHPP), s’adresse directement aux candidats aux concours du capes et de l’agrégation d’histoire qui y «trouveront beaucoup d’éléments susceptibles de nourrir leur préparation ». Sa démarche mêle articles de fond faisant appel à des chercheurs spécialistes et publication de sources contextualisées – ce qui rappelle une autre revue !
Difficile de reprocher à ce passionnnant dossier (dont nous ne pouvont donner qu’un aperçu) son fort tropisme hexagonal dans l’examen des sources et des dynamiques idéologiques de l’Europe, de ses pères… et mères, et de ses identités. Les grandes figures – Albert Thomas, Aristide Briand (Christophe Bellon), Jean Monnet (Philippe Mioche) mais aussi Louise Weiss, la « grand-mère de l’Europe », Simone Veil et Élisabeth Guigou entre autres – sont présentes. Yves Denéchères rend leur part à ses femmes et exhume ainsi des parcours d’euro péennes telles les gaullistes Marcelle Devaud et son amie Irène de Lipkowski. Au-delà des convictions de chacune, l’Europe constitue pour les femmes engagées en politique un terrain où elles peuvent s’investir plus aisément… puisque leurs collègues mâles le trouvent de moindre importance !
Éric Bussière (« Des conventions du début du XXe siècle au plan Schuman : les permanences d’une approche contractuelle du processus d’unification économique de l’Europe ») expose clairement que l’idée européenne vient de loin, d’une volonté de conserver la puissance économique du vieux continent en déclin face aux nouveaux concurrents, en premier lieu les États-Unis, mais aussi d’une inquiétude face aux concurrences économiques entre nations européennes pouvant déboucher sur des conflits : l’Europe pour préserver la paix, par l’entente économique et politique. Des 1890 des intellectuels développent ces thèses, relayées dans les années 1920 par Thomas et Briand, jusqu’à Schuman. Laurent Warlouzet met en lumière dans son article la logique libérale de la construction européenne « pleinement acceptée par les décideurs français, qui ont signé et ratifié les traités successifs, puis voté les règlements d’application ». Logique mal expliquée, et source des actuelles difficultés."
Frédéric Cépède
   
"Le livre de la semaine", newsletter du Bleu de Profession Politique, mai 2008.

A l’approche de la présidence française de l’Union européenne, qu’elle occupera du 1er juillet au 31 juillet 2008, il est instructif de se pencher sur le dernier opus de la revue Parlement(s). Dans la suite du colloque réalisé par le Comité d’histoire parlementaire et politique en 2007 au Sénat et dans le droit fil du premier numéro de cette revue, les auteurs reviennent sur les fondements de la construction européenne. Plusieurs articles méritent notamment d’être signalés. Tout d’abord ceux de Christophe Bellon et Philippe Mioche qui s’intéressent aux destins hors-norme d’Aristide Briand et de Jean Monnet, celui de Frédéric Foggaci qui revient sur la division qu’a connue le Parti radical en 1952 sur la Communauté européenne de défense (CED). Sur fond d’attachement à la souveraineté de la France et sur fond de réarmement de l’Allemagne au lendemain de la seconde guerre mondiale, les radicaux s’entredéchirent. D’un côté Edouard Daladier, de l’autre Réne Mayer. Ce dernier, européen convaincu, tente de rallier à lui les jeunes générations quand Edouard Daladier, l’homme de Munich, essaie de conserver la vieille garde radicale ancrée dans ses rigidités post-3e république.
L’attitude est identique chez les socialistes remarque quelques pages plus loin Noëlline Castagnez. Les anticédistes de la SFIO regrettent que l’Angleterre soit exclue du processus européen tout en se méfiant du réarmement allemand. Dans un contexte de guerre froide exacerbé, les enjeux européens cachent aussi des enjeux nationaux : l’alliance possible avec le MRP pour contrer les gaullistes du RPF, et l’évidente main tendue au PCF qui pèse alors plus de 20 %.
Enfin, dernier article à signaler, celui de Sandro Guerrieri qui retrace le parcours parfois sinueux de l’Italie dans son parcours européen, de la Communauté européenne du charbon et de l’acier au traité de Maastricht. Pro-atlantiste, la péninsule tente également de préserver (comme la France) ses intérêts nationaux en essayant de favoriser une émigration de ses populations avec l’espoir de redémarrer son économie. Un hors-série complet et éclairant.

Christophe Soulard-Coutand

   


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Socialistes au Parlement

"Vingtième siècle signale", Vingtième siècle. Revue d'histoire, n°96, 2007, p. 253.
Socialistes au Parlement
"Signalons que la revue Parlement(s). Histoire et politique a consacré sa dernière livraison de 2006 aux relations entre les socialistes français et leurs instances parlementaires. Elles sont loin d’être simples.
Pour ce parti révolutionnaire né en 1905, comment concilier lutte ouvrière et démocratie représentative ? Et comment obéir à la discipline partisane, tout en nourrissant la discussion parlementaire ? Telles sont les questions centrales posées au fil de ces pages issues d’une journée d’étude dont les débats sont retranscrits. Pour notre gouverne, deux formes de réponses sont fournies. La première relève du témoignage : des acteurs politiques, réunis dans le cadre d’un forum, soulignent la difficulté des socialistes à affronter la mise en place de la Cinquième République, moins, d’ailleurs, à partir de 1958 qu’à partir de 1962. La seconde forme de réponse procède de l’analyse historienne rythmée en trois temps : « De la contestation du jeu parlementaire à l’intégration », « Comment le socialisme s’est-il nourri du parlementarisme ? » et « Vers la professionnalisation ». Le lecteur tirera de nombreux enseignements à la lecture de ces pages de recherche : la méfiance initiale des socialistes à l’égard du jeu parlementaire persiste mais s’accompagne de leur progressive « acculturation » ; la discipline partisane n’empêche pas les indisciplines parlementaires ; les socialistes condamnent le bicamérisme tout en s’en accommodant, malgré quelques épisodes sévères de bouffée sénatophobe. L’action des parlementaires socialistes est également donnée à comprendre en fonction des événements (l’Occupation) comme des spécificités sociologiques et géographiques des élus. Au final, le constat peut être fait que les socialistes ont imprimé une marque toute particulière à la vie parlementaire française qui, à son tour, a contribué à nourrir l’histoire du parti sur le siècle."
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"Revue des revues - premier semestre 2007", Dissidences.net,  p. 11.
http://www.dissidences.net/documents/RDR-10-2007.pdf
"Cette jeune revue âgée d'à peine quatre ans, fruit du Comité d'histoire parlementaire et politique (CHPP) reste peu connue des chercheurs et encore moins du monde militant alors qu'elle consacre deux fois par an des dossiers, ô combien précieux, à la compréhension du parlementarisme et de ses transformations historiques.
Cette récente livraison n'est pas un numéro ordinaire, car il s'agit de la publication des Actes de la Journée d'étude du 12 décembre 2005 centrée sur les rapports des socialistes au parlementarisme. A la lecture de cette revue divisée en trois parties ( De la contestation du jeu parlementaire à l'intégration, Comment le socialisme s'est-il nourri du parlementarisme, Vers la professionnalisation), on reste saisi par le chemin parcouru, non sans embûches, par la SFIO puis le Parti Socialiste, qui se caractérise par une lente mais inexorable institutionnalisation, mais aussi par les capacités à sortir du jeu au moment de l'Occupation par exemple. Les approches socio-historiques de la troisième partie sont également riches d'enseignement sur la relative hétérogénéité des parcours, même après guerre, d'un certain nombre de parlementaires ou responsables nationaux. Bref de nombreuses pistes pour une histoire du socialisme encore à construire."
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dernière mise à jour le 20 mars 2010